Les artistes invités
L’installation grandit à chaque nouvelle pièce. Ce n’est pas un accrochage figé, c’est une installation qui continue à se construire et à grandir.
Ces artistes ont choisi d’y déposer leur regard. Et un utérus.
Parce que le sujet est trop grand pour une seule paire de mains, Hystérie Collective a toujours laissé de la place : pour d’autres voix, d’autres matières, d’autres façons d’habiter la même question. Chaque artiste invité apporte sa propre réponse, formelle, intime, politique, à une installation qui n’a pas de dernier mot.
B
Martine Baker
Artiste plasticienne spécialisée en céramique
Juin 2026 – Caverne Sacrée
Installée en Martinique depuis 1981, Martine Baker développe une pratique plastique ancrée dans la transformation, celle des matières, des mémoires et des territoires. Céramiste spécialisée dans le Raku, elle travaille entre contrôle de la cuisson et effets imprévisibles du feu, obtenant des formes aux textures craquelées, minérales, où l’imaginaire creuse les mémoires enfouies. Sa curiosité la pousse aussi vers la gravure, la photographie et la vidéo.
À travers ses œuvres, elle explore la création, la transmission et la symbiose entre l’humain et son environnement. Son travail porte un métissage culturel assumé – héritage indochinois de sa mère, mémoires amérindiennes de la Martinique, influences caribéennes et universelles – qu’elle intériorise puis extériorise dans des pièces où le symbolique et le sacré se rejoignent. Présidente de l’association ÔDIS7 Art contemporain, elle s’engage aussi dans la promotion et le rayonnement de l’art contemporain en Martinique. Ses œuvres ont été exposées à New York, en Colombie, à Paris, en Guadeloupe et en Martinique.
Mathilde et Pauline Bonnet
Artistes
Juin 2026 – Monique
Nées à Saint-Claude en Guadeloupe, Pauline et Mathilde Bonnet sont agrégées en arts plastiques et forment depuis 2018 un duo artistique complémentaire. Leur pratique mêle peinture, installation et vidéo autour d’un ancrage commun : la mémoire. Intime, familiale, collective ou enfouie, elle devient dans leur travail une matière vivante à transformer et à questionner. La diversité des matériaux qu’elles mobilisent construit des espaces fragmentés, des architectures suspendues où le spectateur évolue entre beauté et malaise.
Ce qui les intéresse, c’est ce qui résiste à l’oubli, les corps marqués, les lieux chargés, les traces que le temps altère sans effacer. Leur univers plastique tient dans cet écart : entre ce qui s’effrite et ce qui demeure.
Agnes Brezephin
Artistes
D’origine guadeloupéenne, Agnès Brézéphin vit et travaille en Martinique. Graphiste et typographe de formation, elle développe un travail plastique ancré dans la mémoire, la guérison et la transformation de la douleur en geste artistique. Travaillant principalement le textile, le fil et les objets intimes chargés d’histoire, elle construit des installations où chaque objet devient fragment d’une histoire à recoudre.
En 2024, elle reçoit le Grand Prix Léopold Sédar Senghor à la Biennale de Dakar pour son installation Cabinet de Curiosités – Chambre des Merveilles : Fil(s) de soi(e), devenant la première artiste caribéenne lauréate de cette distinction. Une œuvre née dans l’urgence, autour d’un lit, de cocons brodés et de fils de soie, pour dire ce qui longtemps n’a pas eu droit de parole.
Son travail ne cherche pas la dénonciation frontale. Il cherche la réparation – offrir un espace où les silences enfouis peuvent enfin respirer.
C
Maëlynn Calvier-Chaumeil
Artiste
Juin 2026 – Le mal-être, Se tordre de douleur et Irradiation
À 18 ans, Maëlynn pose un regard lucide et courageux sur son propre corps. Élève de Val HB, elle travaille au crayon de couleur sur papier.
Sa série de trois dessins plonge dans l’expérience de l’endométriose : la douleur invisible, le corps qui se dérobe, la maladie qui colonise. Ni plainte ni démonstration – une mise en forme. Maëlynn traduit ce que les mots peinent à dire : l’effacement de soi pour fuir la souffrance, la façade qui tient malgré tout, l’impuissance face à un mal qui s’installe et s’étend.
D
H
Habdaphai
Artiste peintre
Juin 2026 – L’Utérus et les Territoires
Artiste martiniquais ancré dans l’espace caribéen, Habdaphaï développe une œuvre où se rencontrent mémoire, spiritualité, nature et questionnements identitaires. Son travail puise dans les héritages multiples qui composent la Martinique, traces africaines, amérindiennes, européennes et créoles , dans un dialogue permanent avec les dynamiques transculturelles des sociétés caribéennes contemporaines.
À travers un langage pictural fondé sur le symbole, la répétition des formes et la puissance du signe, il explore les phénomènes de syncrétisme culturel qui façonnent ces territoires. Son œuvre interroge les liens entre le corps, le territoire et les mémoires collectives, faisant de chaque création un espace de rencontre entre l’intime et l’universel.
Val HB
Artiste peintre
Juin 2026 – Chut
Artiste peintre, dessinatrice et designer textile, diplômée des Beaux-Arts, Val HB développe un travail intuitif et spontané où chaque œuvre naît d’un dialogue intime entre l’émotion et le geste. À travers les techniques mixtes (aquarelle, encre de Chine, crayons de couleur, feutres), les matières se déposent en couches successives sur des supports très fins – papier de riz ou de soie – évoquant la subtilité de l’éphémère et l’impermanence des choses.
Inspirée par la richesse esthétique du Japon, la calligraphie et l’estampe, elle intègre dans ses créations des traits fins et dynamiques, des couleurs vives et une attention particulière aux expressions et aux mouvements des personnages. Son art s’enrichit de références spirituelles, ajoutant une dimension mystique et symbolique où chaque trait raconte une histoire de connexion entre les êtres, la nature et les forces invisibles qui nous entourent.
K
Karl
Tatoueur, designer, street artist, photographe
Juin 2026 – Gal Hystera
Artiste pluridisciplinaire originaire de Guadeloupe, Karl est très tôt plongé dans l’univers des arts plastiques. Il découvre le graffiti en 1999 et y voit un moyen de prolonger son envie de dessiner, sur des supports plus imposants et variés. Étudiant en arts plastiques depuis le lycée, il utilise les connaissances acquises pour améliorer la qualité et la pertinence des images qu’il produit, concevant des motifs plus impactants. Bien que le graffiti, notamment le vandalisme, lui procure une forme d’exutoire, il comprend rapidement qu’un visuel porteur de message lui correspond davantage.
De retour en Guadeloupe fin 2023, fort de ses expériences, il ouvre un studio d’art où il peut pratiquer à la fois le tatouage, la peinture, le dessin et la photographie. Un espace dans lequel
il pourra également mener des recherches et réadapter son travail en fonction des questions identitaires et sociales propres à son île natale.
L
Danielle Lacôte
Artiste graveuse
Juin 2026 – Vierge à l’enfant
Danielle Lacôte vit et travaille en Gaudeloupe depuis 1986. Enseignante et graveuse diplômée de l’ENSBA Paris en gravure en taille douce, taille d’épargne et lithographie.
Elle a créé en 2004 l’Atelier de Gravure Armataplanet, aujourd’hui installé au Gosier, pour faire découvrir les nombreuses techniques de l’Estampe aux artistes, enseignants et tout public.
N
Nefta Poetry
Artiste
Artiste transdisciplinaire guadeloupéenne, Nèfta Poetry développe une pratique qui mêle performance, danse, arts visuels et poésie. L’île, l’archipel et leurs mythologies sont au cœur de ses recherches, qu’elle approfondit notamment à travers des résidences en Islande, à La Rochelle et à la Cité internationale des Arts de Paris en 2024. Sa compagnie de danse et performance ANAMNESIS-K, fondée en 2016, lui permet d’explorer la mémoire à travers le corps et la création chorégraphique.
Poète publiée dès 2009, elle a signé trois recueils et s’est fait connaître sur la scène poésie/slam aux côtés du musicien Gerald Toto. Directrice de la Culture et du Patrimoine de la Ville de Basse-Terre et directrice du festival Cri de Femmes / Yabisi Series depuis 2012, elle explore par ailleurs les sociologies des Amériques et des Caraïbes à travers essais et ouvrages collectifs publiés à l’international.
Son travail a été présenté à la Biennale de Dakar, au Festival International d’Art Vidéo de Casablanca, et au Museo Universitario Arte Contemporaneo de Mexico.
P
Pock
Artiste
Février 2026 – L’Ambivalence
Artiste guadeloupéen né en 1990, issu du graffiti et du street art, Pock développe une pratique autodidacte mêlant peinture, photographie et outils numériques. Son travail explore les textures, la lumière et les langages visuels, passant d’une esthétique pop colorée à des compositions plus épurées en noir et blanc, centrées sur la matière et l’émotion.
À travers ses œuvres, il interroge l’identité, les réalités sociales et culturelles, tout en célébrant la diversité et la résilience. Son projet NAP – Nèg an Poslèn questionne la place des corps et des récits afrodescendants dans l’espace public, entre fragilité, mémoire et transformation.
Entre enracinement caribéen et vision universelle, Pock propose une œuvre sensible et engagée, invitant chacun à se reconnecter à son humanité.
Prisca Violette & Sidrey
Artistes
Juin 2026 – Faille
Prisca Violette, éducatrice spécialisée et artiste performeuse guadeloupéenne, travaille à l’intersection de l’art, de l’accompagnement social et de l’ingénierie du social. Art-iviste, elle mêle exploration, rencontre et créativité dans une pratique où l’humain est toujours au centre. Sidrey, curieuse et sensible, aborde l’art comme acte cathartique dans sa collaboration avec PriscaViolette.
Les deux artistes se rencontrent lors d’un séjour de rupture en forêt et font naître de cette expérience un dialogue profond entre travail identitaire, création artistique et transmission. Extrait de l’atelier d’expression artistique pluridisciplinaire INTROSPECTUS, créer pour questionner et faire résilience.
R
Petra Rakebrandt
Artiste & auteure, coach de vie et de médiation
Juin 2026 – Briser les Fils
Arrivée en Guadeloupe en 2007 après une carrière dans l’ingénierie et la construction en Allemagne, Petra développe une pratique artistique ancrée dans l’exploration intérieure. Depuis une formation à l’Academia del Giglio de Florence en 2018, elle travaille principalement l’acrylique sur toile et les techniques mixtes, dans un style qui évolue vers l’abstraction et l’expressionnisme.
À travers ses œuvres, elle interroge l’expression de soi, la confiance et la guérison de l’histoire personnelle. L’art, la musique et l’écriture – elle a publié Yin Is the New Black, consacré au changement de vie et au yoga – sont pour elle des voies d’accès à ses propres émotions autant que des outils de transmission, notamment à travers l’association de l’art et du yoga.
Laurence Roussas
Artiste plasticienne
Installée en Guadeloupe, Laurence Roussas développe depuis 2007 une pratique artistique ancrée dans le recyclage et la transformation des matériaux. C’est en observant les ventilateurs abandonnés sur les bords de route qu’elle trouve sa signature : des oiseaux sculpturaux nés des rebuts du quotidien, qu’elle intitule « Les Fils d’Hélios ». Un regard qui fait de chaque objet délaissé une possibilité formelle.
Son travail ne se limite pas à la sculpture. Elle pratique également la gravure sur wenshou et le cyanotype, explorant ainsi des langages plastiques variés autour d’une même sensibilité : celle des matières humbles élevées au rang d’œuvre. Membre active du collectif RIP ART et marraine des expositions Wi’an Art, elle expose au Fort Fleurs d’Épée, au Mémorial ACTe, à la Pool Art Fair, et participe en 2021 à une exposition numérique collective à la Fondation Clément en Martinique.
S
Silmonova
Artiste
Juin 2026 – Indilect « Aux origines tressées : Fanm Eritaj »
Formée aux beaux-arts au Campus Caribéen des Arts de la Martinique, SilmoNova développe une pratique pluridisciplinaire à la croisée de la création contemporaine et des savoir-faire artisanaux. Sculpteure, peintre et artisane vannière, elle travaille la fibre de bakoua comme un langage plastique à part entière, porteur de mémoire et de gestes transmis.
À travers son concept de recherche-création Indilect, elle explore les liens transgénérationnels entre mémoires collectives et individuelles, tissant des ponts entre héritage culturel et expérimentation formelle. Fibres végétales, textiles et papier deviennent dans ses mains des matières vivantes, où la tradition se réinvente.
V
Davis Vanzel
Artiste
Juin 2026 – Essence
Né à Saint-Denis en 1979, Davis Vanzel développe une pratique autodidacte nourrie de culture Hip Hop, d’art africain et d’afro-futurisme, entre influences de la rue et références à des figures majeures de l’art contemporain : Jacob Lawrence, Kerry James Marshall, Barbara Kruger, Wangechi Mutu. Travaillant différents matériaux et techniques, il cherche à créer de l’inédit à partir de l’existant, dans un langage hybride où l’authenticité du vécu rencontre une vision plastique affirmée.
À travers ses œuvres, il interroge l’identité noire, le racisme, l’esclavage et l’oppression raciale, en puisant dans la culture populaire autant que dans ses origines guadeloupéennes et ses racines africaines. Jazz, Soul, Funk, éléments végétaux et animaliers, mode, tout devient matière à composer un univers visuel dense, entre mémoire collective et contemporanéité.

